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  Ces billets paraissaient dans Journ'Almin. La qualité est inégale mais j'appris beaucoup en les écrivant.
La page «Adieu l'artiste» a été archivée en 2003 en respectant le document original de 1996.
 
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Le 5 janvier Franquin, le père de Gaston Lagaffe, du Comte de Champignac et de tant d'autres personnages de légende, nous a quitté. 1997 commence mal.

L'expression est banale mais vraie, j'ai appris à lire avec Franquin. Dans mon grenier une grande caisse déborde de vieux exemplaires du journal de Spirou avec, en couverture, d'innombrables planches de Gaston.

Il est difficile d'évaluer l'impact qu'un auteur, surtout un auteur de bande dessinée, peut avoir sur une carrière mais je me plais à croire que Gaston et le Comte de Champignac, ces deux inventeurs de génie, m'ont attiré vers une carrière scientifique. Je suppose que je ne suis pas le seul à avoir rêvé pendant des heures sur leurs formidables créations.

S'il y a une leçon à tirer de l'oeuvre de Franquin, puisque nous sommes hélas arrivés à l'heure des leçons, ce doit être le souçi constant des conséquences de leurs travaux. Le Comte de Champignac garde toujours à l'esprit l'impact de ses recherches sur ses contemporains. Gaston, quoiqu'en pense parfois Demesmaeker, Prunelle et les autres, n'ignore pas ce soucis non plus.

L'un comme l'autre sont des poètes sensibles au monde qui les entoure.

Les systèmes informatiques que nous développons ont un impact considérable sur la vie de nos contemporains.

Notre formation et notre travail quotidien nous amènent à percevoir le monde de façon très abstraite. En caricaturant quelque peu, qu'est-ce qu'un client si ce n'est une ligne dans une base de données ?

Et pourtant, n'oublions pas que derrière nos bases de données, se cachent des êtres humains. Que ce sont des hommes et des femmes qui utilisent nos applications et qui parcourent nos réseaux. Des hommes et des femmes qui, chaque jour davantage, confient un peu de leur travail, un peu de leur organisation et, je n'hésite pas à l'écrire, un peu de leur vie à notre travail.

Evidement il y a les cas d'école : le contrôle des applications impliquant directement la vie d'autres personnes, tels que les systèmes médicaux ou les centrales nucléaires.

Mais même dans des applications plus courantes comme le support à la décision, nous sommes directement responsables de choix dont les conséquences sont difficilement prévisibles.

De même pour les simulations, les applications de gestion et même les jeux.

Il est dangereusement facile de se laisser happer par la routine et d'oublier les conséquences de notre travail.

Comme Gaston, comme de Champignac, nous devons rester ouvert au monde qui nous entoure.

Puissiez-vous tout au long de 1997 gardez cette préocupation à l'esprit. En mémoire de Franquin.

--ben

Mise à jour : 1996.
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